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L’affaire PIP est un gros coup de canif dans la confiance qu’ont les gens envers la chirurgie esthétique. Cette assertion est devenue courante dans les médias. A t-elle du sens ? Non, pour deux raisons.
D’abord les personnes qui avaient des doutes sur la chirurgie plastique n’ont pas changé d’avis et cette affaire a renforcé leur opinion. Ensuite pour mesurer une crise de défiance, il faut avoir des chiffres sur lesquels s’appuyer. En l’occurrence, il faudra pourvoir mesurer si à la suite de ce scandale sanitaire les demandes d’interventions ont largement chuté. Il semble peu probable que ce soit le cas autant pour les opérations d’augmentation mammaire que pour l’ensemble des interventions en général.
En prenant l’exemple de la chirurgie esthétique Tunisie, on s’aperçoit qu’il y a toujours autant de visiteurs dits médicaux à l’aéroport de Tunis-Carthage. Or, si cette chirurgie pourtant plus suspectée d’être risquée continue d’avoir les faveurs du grand public, c’est bien que la pratique dans son ensemble n’est pas fondamentalement remise en question.
Là comme ailleurs dans d’autres disciplines, c’est la généralisation qui est mauvaise conseillère pour comprendre. Un raté dans la chirurgie classique n’a jamais fait déchoir la chirurgie de son statut de discipline scientifique, sérieuse et nécessaire. On peut à bon droit continuer à s’interroger sur la nécessité de la chirurgie esthétique mais certainement pas sur sa scientificité et sa maitrise de la sécurité des patients.
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